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la moustache du jour

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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 21:54

Cette anecdote édifiante qui restera dans les annales du net m'est arrivée en fin d'année, un mercredi pour être exact.

 

Je descends les poubelles, la cigarette roulée au coin de la bouche, la grande classe, et croise en bas de chez moi un livreur de Darty. Mon voisin de pallier m'avait parlé de ses soucis  de machine à laver, et visiblement il y a remédié.  Le livreur me baragouine un truc en me montrant le sac poubelle du doigt. Je crois qu'il me dit quelque chose du genre "ah bah dès le matin tu fais des taches ménagères!"

 

Comme je suis poli je lui réponds :

 

"Bah, faut bien hein.

 

-Mais t'en as trouvé où?

 

Ce coup-ci il me montre ma cigarette. Les transporteurs chargés de livrer du tabac sont en grêve depuis une semaine, et à part des Davidoff à seize mille euros le paquet, on ne trouve plus grand chose chez les buralistes.

 

-Ah, ça? C'est chaud, on n'en trouve plus en ce moment, c'est un vieux fond qui me restait et qui commence à dater.

 

-Hé, mais faut venir nous voir mon frère. On en a plein nous.

 

C'est là que je me demande si ce mec n'est pa un peu bizarre. Ils vendent des clopes chez Darty maintenant? Et ils les livrent?

 

-Ah bon?

 

-Bah ouais cousin. Tous les soirs, on est aux Gondoles.

 

-Après le pont de Choisy?

 

-Ouais frère, juste à côté du Franprix. Tu viens me voir, je te fais un prix."

 

Et c'est là que je réalise ce qui se passe : ce type croit que je suis en train de fumer un joint, de bon matin, et lui il me propose un petit plan tranquillou pour me fournir un peu de résine de canabis. J'essaie de ne pas trop rougir ni bafouiller et lui dis que pour l'instant ça va aller, merci, et que je vais y aller maintenant. En m'éloignant, je l'entends gueuler à son collègue resté dans le camion : "OH! Je nous ai trouvé un client!"

 

Quand je pense qu'on a visité (en vue d'acheter) des appartements dans le quartier des Gondoles...

Par Kolia - Publié dans : le quotidien tumultueux de The Great Mustache
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 22:48

La torpeur générale qui touche le commerce de la grande distribution culturelle (que j'aime ces trois mots mis ensemble : la grande distribution (marquer une pause) CULTURELLE. C'est comme ça qu'il faut le dire. Ca fait genre "hé ouais les mecs, on distribue de la culture, mais à grande échelle, mwah ah ah", et ça paraitrait presque cool si on arrivait à oublier cinq minutes que le voisin fait exactement le même chose que nous), la torpeur générale donc, me permet de souffler un peu au boulot, ce qui fait que je suis plus relax chez moi, plus détendu, avec du coup une plus forte envie de sortir (mais faut pas pousser non plus, trois claquements de talons, "there is no place like home").

 

Donc je suis retourné au ciné, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Je suis allé voir Mission Impossible 4, où Tom Cruise, à cinquante balais, se met torse poil de façon totalement gratuite à un moment donné, l'occasion pour le spectateur de voir que la scientologie, ça conserve très bien.

 

Demain, je m'inscris chez eux.

 

Hier, pouf, je dis : "hé, si on allait voir Sherlock Holmes?"

 

Bouleversée par tant d'audace, Julie reste bouche bée et ne peut qu'accepter de me suivre : devant un tel charisme éclatant, éblouie par mon applomb face aux décisions difficiles à prendre, c'est la seule chose sensée à faire pour elle à ce moment là.

 

Galvanisé par la forte impression que je lui fais, je pousse ma chance :

 

"Et si on allait... au Mk2 Bibliothèque?"

 

Et voilà comment une demi-heure plus tard, nous sommes dans la salle, confortablement installés et espérant voir la bande annonce de Tucker et Dale Fightent le Mal.

 

Oh, tout n'a pas été facile. On a eu peur un moment : on a bien cru que la salle serait comble. Une foule de connards en costumes attendaient devant. En fait c'était des banquiers du groupe Palatine, qui assistaient à une formation intitulée "l'Art d'être Banquier" qui se déroulait dans la salle d'en face. Sérieusement. Le Mk2 fait dans l'évènementiel maintenant.

 

Enfin bon. Durant les bandes annonces, on apprends que le film Target a reçu le label "rire autrement".

 

 


 

Et effectivement, on rit autrement. On rit silencieusement. Intérieurement même. Les yeux mornes. Le cerveau vacant. C'est ça rire autrement.

 

En tous cas ça change des bandes annonces chiantes qu'on a l'habitude de voir au Mk2, du genre "une fille de la banlieue lilloise en fauteuil roulant se cherche en fumant des joints mais va trouver la rédemption en traversant la manche à la nage, et ,oui, avec son fauteuil", mais finalement je me demande ce que je préfère.

 

Et le film commence.

 

***

 

Au bout d'une heure, un mec déboule dans la salle et se précipite devant l'écran. Les lumières s'allument, l'écran s'éteint, et personne ne réagit vraiment : le type essaie de rester calme, mais il est en sueur et a le regard fuyant. Une voix forte qui vient de derrière nous demande de sortir calmement, que suite à un incident technique la projection ne peut se poursuivre, et qu'il faudrait faire vite s'il vous plait.

 

Personne ne bronche, tout le monde se lève, et on a bien fait : ça pue le cramé en dehors de la salle, et un camion de pompier est garé juste à côté, et y a plein de pompiers, et ils sont en train de faire des trucs et tout. On a failli bruler!

 

Voilà une belle histoire. Voilà une aventure. Comment J'Ai Failli Mourir Carbonisé Au Ciné. Ou, mieux, en une du Nouveau Detective : "Massacre au Celluloid! Un survivant raconte".

 

Bon en attendant on a un mois pour retourner voir le film, après le tampon qu'ils ont mis à la va-vite sur le ticket ne sera plus valable.

 

Pendant qu'on faisait la queue pour se le faire tamponner, d'ailleurs, un vieux mec en veste de costard beige, lunettes de batard, bouc de connard, demande au stagiaire stressé parce que ça sent le brulé, alors qu'une dizaine d'employés ne font rien tout autour :

 

"Excusez-moi, mais ma séance commence là, maintenant, et ma carte ne marche pas. Comment je fais? Non parce que la séance est tout de suite, je ne veux pas rater le début du film. Comment je fais? Hein? Parce que ma carte, elle ne marche pas? Alors, je fais comment?"

 

"Un Stagiaire Tamponne Un Bobo Jusqu'à La Mort! Un témoin confirme : il ne l'a pas volé."

Par Kolia - Publié dans : le quotidien tumultueux de The Great Mustache
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 20:27

Et comme une image vaut plus que mille mots :

 

balochistan

Par Kolia - Publié dans : The Great Mustache vous parle de tout
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 21:34

Je me moque souvent des clients que l'on peut avoir au boulot sur ce blog. C'est facile, c'est gratuit, c'est condescendant et ça fait rire les oiseaux, ça fait chanter les abeilles, ça chasse les nuages et fait briller le soleil, un peu comme cette nana (attention, cette histoire est véridique) :

 

"Bonjour monsieur, je voudrais le régime Draconien.

 

- Le quoi?

 

- Le régime Draconien.

 

- ...

 

- Le régime... DRACONIEN.

 

- Ca n'existe pas mademoiselle.

 

- Ah si.

 

- Non.

 

- Ah si, je l'ai vu sur internet!

 

- Ce n'est pas possible, ça n'existe pas.

 

- Mais si, je l'ai vu sur internet, plein de gens disaient sur des forums qu'ils avaient fait le régime draconien et...

 

- Draconien est un adjectif.

 

- Ah... Mais... Mais ça veut dire quoi?"

 

Je l'imagine bien sur Aufeminin.com en train d'haluciner sur la perte de poids de certains internautes.

 

Tout ça pour dire qu'il n'y a pas que les clients. Il y a aussi certains de mes collègues (et je peux vous dire qu'en termes d'embauche, la cuvée 2011 est particulièrement excellente), comme ce type qui s'excitait tout seul :

 

"Mais la papeterie! En Italie!

 

- De quoi tu parles mec?

 

- De la papeterie! En Italie?

 

- Mais c'est quoi ça? Quelle papeterie?

 

- Ah, mais putain! La papeterie, là où vit le Pape!"

 

Cet abruti parlait du Vatican.

 

2012 démarre sur les chapeaux de roue. Bonne année à tous!

Par Kolia - Publié dans : le quotidien tumultueux de The Great Mustache
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 20:45

Chez The Great Mustache, on aime Moundir, star de Koh Lanta, héros de Moundir l'Aventurier de l'Amour, personnage principal de la bd Moundir is back, guest prestigieux de la web série "J'ai jamais su dire non", auteur de la mémorable phrase "Tu m'rends ouf" (qui sera sur ma tombe). Alors quand j'ai appris en regardant la télé qu'il allait se marier sur NT1, j'ai foutu ma copine dehors pour profiter pleinement de la soirée, histoire de voir si je pourrais piquer quelques idées (oh, oui, j'ai demandé ma copine Julie en mariage).

 

Voilà, pour vous, le résumé de la soirée.

 

Moundir voulait trouver la petite toupie qui allait lui faire tourner la tête. C'est pour ça qu'il a participé à l'émission Moundir l'Aventurier de l'Amour.

 

Mais qui est l'heureuse élue?

 

Le début de l'émission nous propose un résumé de MAA, où on apprends qu'il a craqué sur Inès, 23 ans, avec qui il a "eu envie de partager une barre de chocolat". Il est comme ça Moundir. Il partage le choco.  Mais Inès n'était pas célibataire au moment du jeu, alors il a finit avec Cynda, mais ça n'a pas duré. De retour à Paris, sur qui il tombe? Inès! Elle est chaude comme la braise, alors ils s'envoient des sms, et bang, c'est l'amour, ils vivent ensemble.

 

Du coup Moundir il va acheter une bague de fiançaille dans une des plus prestigieuses bijouterie de Paris. "C'est mieux que la Foire du Trone ici" dit-il, alors que la vendeuse va lui chercher des bagues moins chères.

 

Il en choisit une à 1290 euros.

 

D'où cette question : d'où vient cet argent?

 

Il va en Camargue faire une surprise avec le papa d'Inès (Inès vient de Camargue). Il veut faire sa demande à cheval, pour des raisons qui m'échappent. Il rencontre Dédé, le patron du poney club, qui a "une vraie poigne de maréchal ferrand", qui est un homme instruit, il lui apprend notamment que si on monte du côté gauche sur un cheval et que les Harley on une béquille à gauche, c'est parce que du temps lointain des guerres à cheval, les cavaliers portaient une épée à gauche. "Mais on peut draguer avec ça! Je vais la ressortir hein! A ma femme bien sûr..."

 

Moundir arrive à cheval au bar où trainait Inès, deux mecs derrière lui tiennent une banderole "Mamour, veux-tu m'épouser?"

 

LA GROSSE CLASSE.

 

Inès fais du 52 en bague. C'est malin d'avoir filmer le moment où il choisit la bague de fiançaille, comme ça quand elle reverra les images, elle verra qu'il n'a pas lésiné sur la qualité (note pour moi-même : ne pas donner le prix de ma bague à Julie).

 

Le papa d'Inès est tellement content qu'il pousse la chansonnette version Gipsy King.

 

Deux mois plus tard, les deux amoureux retournent à Paris. Ils n'ont que deux mois pour organiser le mariage (moi c'est pour avril 2013, ça laisse le temps de mettre de côté). Comme Moundir a la flemme, ils emploient un wedding planner. Ils rencontrent un spécialiste du mariage branché, une spécialiste du mariage romantique, et un autre du mariage en plein air.

 

C'est du gros lourd les mecs : la meuf spécialiste du mariage romantique est fan des Fourmis de cet abruti de Bernard Werber. Moundir n'a rien compris, il croit qu'elle parle de Bernard Proust, alors que lui il connait Alain Prost. Inès dit que mais non, elle parlait de Bernard Weber (sans le R), il a écrit un livre sur comment communiquent les fourmis. Moundir y va de son petit commentaire sur les wedding planners : "On aurait dit Dexter!"  Ils sont tous cinglés.

 

Moundir veut se marier à Marrakech. "On va pas le faire dans un HLM hé". 150 invités, 30 000 euros.

 

Au risque de me répéter : d'où vient cet argent?

 

Ils choisissent le spécialsite du mariage branché, Jean-Pierre Thomas.

 

Moundir doit perdre du poid, il fait du lard, il a pas fait de sport depuis 7 mois. Ca le fait moyen pour un coach sportif. Il prend donc une coach. Il crache ses poumons. "Ca va Moundir? - J'ai Alzheimer sur la jambe droite, mais ça va." Il voulait dire Parkinson.

 

Sa coach, Bertille, a genre 50 ans et un t-shirt Titi.

 

De son côté, Inès va choisir sa robe de mariée chez un styliste ultra connu. Faut croire que la brasserie de son papa rapporte pas mal. La nana des robes veut lui faire la Camargue en robe. Ca veut dire quoi? Que ça va sentir le cheval?

 

Maintenant le couple choisit ses alliances.

 

"Alors moi je vous explique. Au départ je suis anti bijoux. Je tiens ça de mon père." La vendeuse lui essaie une bague : "J'ai l'impression qu'on me viole." Moundir regrette de ne pas avoir de mouchoir de doigts pour essuyer les larmes de son doigt qui s'est fait violer.

 

Alors qu'ils prennent un verre à la terrasse d'un café, Inès dit que les bagues pourront aller à leurs enfants quand ils seront morts. "Hé, les enfants, on ne va pas leur transmettre des bijoux. Mais une éducation. Et une voiture."

 

Moundir a une idée très précise de l'éducation qu'il va donner à ses enfants. Son fils pourra mettre une bague si il veut, mais de façon raisonnable. Je crois qu'il est un peu homophobe.

 

Le serveur leur ramène un fromage blanc : "Thank you, dit Moundir. Il nous faut ça comme dessert au mariage." 30 000 euros, je peux vous le dire, ils n'iront pas dans la bouffe.

 

Le couple s'engueule, mais on ne sait pas trop pourquoi. "Comme dit Yoda, tu as trop de colère en toi." Apparemment c'est encore à cause de la bague, ou des témoins : Inès croyait qu'on pouvait en choisir quatre, alors qu'en fait c'est que deux. Le truc, c'est qu'elle les a déjà choisit : je l'imagine bien, à ses meilleurs potes, "ah bah finalement non."

 

Pendant la pub je regarde sur internet combien de temps dure cette émission : trop longtemps, mais pour Moundir, je suis prêt à tout.

 

Le couple, qui vit une grosse crise face à la pression, a rendez-vous avec Jean-Pierre Thomas, qui a une putain de baguouse énorme au doigt. C'est hideux, mais moins que son futal, dans lequel il a dû faire caca.  JPT arrive avec les faire part : "Moundir se marie, c'est Inès-péré!" C'est tellement nul.

 

JPT est un abruti : il veut John David comme DJ a leur mariage (c'est un ancien participant de Secret Story apparemment). Moundir est vénère : "Et pourquoi pas Yvette Turner?" Ils veulent le virer. Ils veulent un mariage traditionnel. En même temps, ils ont choisit un le spécialiste du mariage branché : "T'es pas à mon écoute. On veut un jus de fruit et tu nous proposes un milk shake aux choux."

 

A 70 jours du mariage, ils n'ont plus de wedding planner.

 

Comme Inès est ronchon, ses copines lui font son enterrement de vie de jeune fille. Elles font du bateau, et Inès veut un truc calme, alors que ses copines gueulent partout "Inès va se marier avec Moundir!" La honte! Comme le dit la voix off de l'émission, "un mur d'incompréhension se dresse entre les amies." Tout le monde se fait un peu chier, le spectateur compris. Ses copines ne reconnaissent plus Inès. Elle a 25 ans, elle est responsable maintenant. Fini les conneries, merde.

 

Oh, et puis on s'en fout d'elle. Il est où Moundir bordel?

 

Allez, tous à Marrakech, où le couple rencontre Xavier Anthony, LE mec qui organise LES mariages. Enfin il parait, moi je le connais pas, et pourtant je suis branché comme mec. Ils choisissent des endroits où ils vont faire la fête. Pour notre mariage, on aimerait bien faire ça dans une péniche.

 

Moundir et Inès ont décidé : ils vont se marier dans le Haut Atlas.

 

Hop, retour à Paris : Moundir retrouve Bertille, et elle le tacle direct : il n'a pas perdu un gramme. Plus que trois semaines pour faire fondre ce gras. "J'ai eu l'impression d'avoir Maïte et Magali Vaé sur les épaules" dit Moundir, après l'entrainement. Je ne sais pas pourquoi il a dit ça, parce qu'il n'a rien porté du tout, il a juste fait de la corde à sauter. "J'étais hors de forme." En même temps c'est vrai qu'il a fait du paté.

 

Plus qu'une semaine avant le mariage. Inès retourne voir sa robe qui pue le cheval, avec sa soeur, sa mère, sa nièce et sa tante. Sur place, elle retrouve une seule de ses copines de l'enterrement de vie de jeune fille. Cet enterrement a enterré leur amité.

 

La robe est clairement trop serrée au niveau de la taille : Inès ne peut pas respirer et ça lui fait des zezettes sous les bras et les nichons.

 

De son côté, Moundir va chercher son costume. "Moundir, c'est un plaisir de vour rencontrer! -Le plaisir est enchanté, comme on dit chez nous."

 

Au début, Inès voulait qu'il se marie en djelaba. "Et pourquoi pas en tapis volant? Bonjour le cliché, deux minutes après je leur sers le thé, merci."

 

Ca ne tiendrait qu'à lui, Moundir irait se marier en survêt'. Comme les femmes, Moundir grossit des hanches. "On commence maïs, on finit pop corn." Il en chie vraiment à trouver un truc à sa taille, et complexe beaucoup à propos de sa prise de poids. Finalement, il trouve un truc.

 

"J'ai l'impression de présenter le Juste Prix. Je vais kiffer."

 

Ce qui donne une bonne idée du costume qu'il va se choisir.

 

Ils retournent à Marrakech. Il va peut être pleuvoir au mariage. "J'espère qu'il ne nous tombera pas les volcans d'Auvergne sur la tronche lors de mon mariage!" Il faudrait que quelqu'un lui dise que la pluie de vient ni d'Auvergne, ni des volcans.

 

Comme ils stressent à propos du mariage (alors que bon, ils foutent rien, c'est Xavier Anthony, le wedding planner, qui fait tout), ils vont se détendre en faisant du quad et des balades à chameaux. Mais ils ne bossent pas ces gens? Ils glandent rien là, depuis le début, à part stresser à propos de rien et choisir des fringues et des bijoux.

 

Allez, tiens, une coupure pub pour me détendre.

 

Trois jours avant le mariage, Moundir enterre sa vie garçon avec son frère Tarik, et quatre ou cinq potes, dont un ancien candidat de Koh Lanta. Moundir s'est lavé et s'est mis plein de pento dans ses beaux cheveux de fougueux aventurier.

 

Ils vont tous dans un bar. Cette chochotte de Moundir choisit un virgin Mojito à la framboise. Mais c'est le drame : la serveuse lui a mis de l'alcool!

 

Mais c'est pas grave. Moundir fait des révélations : au début il ne voulait pas se marier, sauf avec une vieille de 52 ans. C'est sale. On apprend aussi qu'il s'est marié religieusement au Maroc, mais pas civilement, et puis en fait on s'en fout. Un de ses potes cite Goethe, qui dit que quand on voyage, on prend deux sacs, un pour donner, un pour recevoir. Moundir applaudit, mais rebondit dessus : avec Inès, ils sont dans le même sac.

 

A la veille du mariage, le Haut Atlas est sous la pluie. L'angoisse! Mais il y a pire. Il y a un problème avec le traiteur, mais le wedding planner n'en parle pas aux futurs mariés. Quelle délicatesse. Ca c'est un professionnel.

 

Dans leur suite nuptial, le couple est crevé. Moundir dit qu'ils auraient du faire un truc plus simple. Mais merde! Ils n'ont rien fait!

 

Les invités arrivent, Moundir les reçoit, Inès se prépare. Dans l'entourage la future mariée, les gens restent choqués : c'est Moundir quand même. C'est chaud cacao quoi.

 

Pour la dernière soirée avant le mariage, Moundir va flamber un petit coup dans un tournoi de poker. Il a des lunettes de soleil et une capuche, l'heure tourne, il perd. Il est deux heures du matin quand il rentre, sans finir le tournois.

 

Enfin, le jour arrive. Le wedding planner a rêglé le soucis de traiteur (comment? à coup de battes? putain, c'est mal foutu, on ne sait rien des trucs intéressants dans cette émission).

 

Moundir stresse. Personne ne l'aide à part sa maman.

 

Je pense que ce couple ne va pas bien vieillir. Ils vont s'empater avant l'âge et vont toujours avoir l'air plus vieux qu'ils ne le sont vraiment. Retenez-bien ces mots. C'est une prédiction.

 

Enfin, le mariage commence, avec un orchestre marocain traditionnel. Moundir a bien coiffé ses cheveux en arrière et pleure un peu quand il voit sa mère écraser une larme. Putain. Quel homme. Avec son costard Philippe Risoli et son noeud pap dénoué.

 

Inès s'aperçoit que sa robe est trop serrée et remarque le coup des zezettes de dessous de bras.

 

Le papa d'Inès a la même coupe de cheveux que Moundir. Mais sans la prestance de l'aventurier, je vous le dis, ça le fait carrément moins.

 

Quand Moundir voit sa future femme, il pleure de joie. "Elle était horriblement magnifique. J'étais tellement scié... que j'ai balancé aucun mot."

 

Discours de Moundir : "J'ai pas été formé pour ça, mais je vais essayer. Inès, veux-tu mépouser, pour le meilleur, le moyen, le pire? - Bah justement, je sais pas."

 

Quel bon gag!

 

Tout le monde chiale a ce mariage, pour des raisons qui m'échappent. Même Moundir! Il pigne trop! Allez, pigne, tu pisseras moins, je gueule à ma télé (vous vous doutez bien que je ne suis pas complètement à jeun pour supporter un programme de cette qualité).

 

Pendant la soirée, y a des danseuses du ventre, des cracheurs de feu, et de la bouffe. 30 000 euros les amis. 30 000. Un petit tiers de mon appartement. Deux ans de salaire.

 

Et voilà! c'est la fin! Quelle belle soirée Moundir! Je suis si ému! Quelle cérémonie incroyable! Merci pour tous tes conseils avisés, dont le plus précieux reste : embaucher un wedding planner.

Par Kolia - Publié dans : The Great Mustache vous parle de tout
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 18:25

En ces temps de marasme économique et d'effarement politique, où le peuple a le moral en berne et le portefeuille vide, il est toujours agréable de voir passer des comiques au boulot; comme cette femme entre deux ages, accompagnée d'un vieux, qui cherchait un bouquin sur les plantes.

 

La cliente de base, pas méchante, mais avec aucune information sur son bouquin, à part qu'il y avait une plante sur la couverture.

 

"Vous me direz, pour un bouquin sur les plantes, ça me parait logique."

 

Au moins, elle avait le bon sens de l'admettre. Parce qu'un bouquin sur les plantes avec un singe en couverture, ça aurait carrément moins de logique.

 

Comme je suis assez consciencieux dans mon travail, j'ai persisté, multipliant les mots-clefs, les sites internet, et au bout d'un moment mon ordinateur a fini par faire des bruits bizarres et ne plus marcher. C'est là que le vieux est intervenu :

 

"Ah! Ce livre sur les plantes a fait PLANTER cet ordinateur!

 

-Oh! Planter! Fameux, excellent, très drôle.

 

-Eh oui, le livre sur les PLANTES, il fait PLANTER l'ordi, ah ah!

 

-Vraiment, très fin, ah ah!"

 

Elle trouvait ça vraiment drôle. Au bon d'un moment qui m'est apparu très long (car il n'arrêtait pas de répéter sa blague), j'ai fini par trouver la référence, que nous n'avions pas en magasin.

 

"Oh. Mais au moins vous avez retrouvé ce que je cherchais. Il y en a dans d'autres Fnac?

 

-Mmh, laissez-moi voir. Oui, à la Fnac des Halles uniquement."

 

Le vieux intervient :

 

"Eh bien, il n'y a plus qu'à y HALLER, ah ah!"

 

Même la nana n'a pas rigolé.

 

Une autre fois, je parlais tout seul (le libraire parle souvent tout seul), une pile de bouquins dans les bras, me demandant où j'allais les mettre, quand une femme s'approcha de moi et me dit :

 

"Reculez d'un pas et retournez-vous : vous aurez avancé! Ah ah!

 

-Pardon?

 

-Reculez d'un pas et retournez-vous : vous aurez avancé!"

 

Comme elle est bizarre, je fais ce qu'elle me dit et je comprends : ah oui, j'ai avancé, ah ah, j'ai compris sa phrase spirituelle digne d'un gourou quelconque qui vend des livres de développement personnel.

 

"Ah ah! Je ne sais pas d'où me vient cette boutade, mais je vous ai vu tout perplexe, et cette prase m'est venue à l'esprit, ah ah! Quelle boutade, quelle bonne boutade, quel bon mot!"

 

Je me suis forcé à rire, car je suis poli et que cette femme est cinglée (elle utilise le mot BOUTADE bon sang), et je ne lui fais pas remarquer qu'avancer sans aller dans la direction que je veux n'est pas forcément une bonne chose.

 

Noël, c'est chiant.

Par Kolia - Publié dans : le quotidien tumultueux de The Great Mustache
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 21:40

Oh là là c'est la débandade! Le nombre de mes lecteurs a dégringolé de façon drastique et dramatique : "Diable, diantre et dribble, me dis-je, d'où vient ce drainage des drones? De Dracula, ce trouduc? De Droopy, cet idiot drogué? De Don Diego... Heu... De..."

 

En fait j'étais en vacances, à me les rouler pépère, puis après c'était la rentrée, puis le début des 39h00 hebdomadaires spécial Noël au boulot, puis les jeux vidéo à finir, les livres à lire, les films à voir...

 

Parlons-en, des films à voir.

 

Vous ne savez pas quoi faire ce soir? TMC rediffuse Dirty Dancing? Alors allez voir Drive. Tout de suite. Maintenant. Vous irez voir Intouchables plus tard, les séances sont pleines de toute façon.

 

Drive est un chef d'oeuvre, un film incroyable, une histoire banale transcendée par une mise en scène splendide, une b.o. à tomber par terre, des acteurs de folie, bref, le genre de film qui est là pour nous rappeler que le cinéma est un art bien à part qui a son langage propre, le genre de film intemporel qu'on reverra dans dix ans, vingt ans, en se disant : "wow".

 

Vous pouvez aller voir Tintin aussi. Y a plein de gens qui râlent en disant "bouh bouh bouh, ça ne respecte pas les bd!" A tous ces gens, je leur donne ma réponse à tout : "on s'en fout."

 

Ah! L'implacable catégorisme du "on s'en fout". Je vous propose d'en fait l'expérience dès demain au boulot, où, au moment où votre chef viendra vous voir pour une quelconque raison, balancez un bon vieux "on s'en fout" d'un ton neutre, vous allez voir, ça va lui clouer le bec.

 

Tintin le film est un film d'aventure péchu pour toute la famille, franchement beau, bourré de scènes d'actions spectaculaires et d'un humour parfois un peu gras mais bienvenu. A voir en vf, bien sûr.

 

Mais n'allez pas voir Poulet aux Prunes. C'est chiant. Je suis entré dans la salle tout content, et j'en suis ressorti frais et dispos : j'ai bien dormi. Sorte de film à sketches à la qualité très inégale (les deux scènes avec Djamel Debbouze ne servent à rien, par exemple), on n'arrive jamais à être emporté par les personnages ou l'histoire. On croit que ça va décoller, et puis non, en fait on s'aperçoit qu'on s'en fout. La faute à une histoire pas très bien construite, qui explique et justifie l'attitude du personnage qu'à la fin toute fin.

 

Bon après je n'ai pas lu la bd.

 

Allez, bonne soirée les kids!

Par Kolia - Publié dans : The Great Mustache vous parle de cinéma
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Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 16:19

En septembre, les éditions Casterman et ces cinglés des éditions Moulinsart se sont fait coller un procès au cul car certaines associations jugeaient Tintin au Congo raciste. En quoi Tintin au Congo est-il plus raciste que Tintin et les Soviets (qui est pourtant bien gratiné), je n'en sais rien du tout, dans la mesure où j'ai toujours lu ça comme un témoignage sur la façon de penser d'une époque que comme une opinion politique de la part d'Hergé. Je pense d'ailleurs que c'est dans cette optique là que certains profs de français font étudier ça à des collégiens.

 

D'autant plus qu'il y a bien pire que Tintin : y a Buck Danny les mecs.

 

buck danny - les japs attaquent

 

On peut trouver pour 1,99 euros le tome 1 chez tous les marchands de journaux, et à ce prix-là, ça vaut carrément le coup. Un nanar en bd, on n'en voit pas si souvent que ça.

 

J'ai photographié quelques cases assez marquantes.

 

Donc au début Buck Danny raconte un peu sa vie et explique comment il a fini dans l'armée, grosso modo parce qu'il n'avait rien d'autre à faire. Un peu plus tard dans l'histoire, au détour d'une case, ce n'est plus lui qui raconte l'histoire mais un narrateur qui explique au lecteur ce décrit ce qui est dessiné, ce qui rend cette bd très digeste à lire.

 

Bref, dès la première page Buck Danny montre une perspicacité à toute épreuve :

 

le fourbe Lee

 

Ni une ni deux, il fait ce que fait tout homme qui se respecte : il fayotte.

 

face de citron

 

C'est comme ça qu'il se fait plein de copain, où qu'il aille.

 

love to love

 

Bon, il s'avère que Lee est bel et bien fourbe, il se fait toper par Buck et son poteau alors qu'ils glandouillaient dehors. Mais Buck Danny, il faut pas lui baver sur les rouleaux, il attaque Lee (par derrière, quand même, il faut le signaler).

 

prise de catch de feu

 

Seulement, Buck aurait mieux fait de s'entrainer, parce qu'entre la théorie et la pratique, il y a tout un monde...

 

ce Lee est fourbe même dans la bagarre

 

... parce que là il se fait bien rétamer. Il faut dire que le Ju Jitsu ne mérite même pas l'appelation d'"art martial" tant ses techniques sont fourbes et basses.

 

Bon, il se passe pas mal de choses en 56 pages, et de temps en temps on nous montre le point de vue de l'ennemi :

 

hé hé

 

Pour un mec qui a commencé dans la marine, il s'avère que Buck est un pilote hors pair. Bon, il ne ménage pas ses avions, qui passent plus de temps à se faire réparer qu'en vol, et au bout d'un moment il se fait descendre (non sans avoir détruit la kyrielle d'ennemis qui l'ont abattu). Ce qui donne droit à un superbe faux raccord, chose assez rare dans la bande dessinée :

 

faux raccord

 

Dans l'eau il y a des requins. L'occasion pour lui de tester des techniques imparables (qu'il a sûrement appris au Connecticut College) :

a-essayer-cet-ete.JPG

 

Et ça marche! Waouh! Bien joué Buck! Il se retrouve sur île où il y a... des cannibales. Mais rassurez-vous, il s'en sort avec l'aide d'une indigène élevée par un missionnaire (qui s'est fait bouffer par les membres de sa tribu). Un bateau passait par là, et Buck n'a même pas besoin de s'encombrer de la nana, puisqu'elle meure d'une lance jetée par l'un des siens.

 

la-classe-les-mecs.JPG

 

Ce bon vieux Buck retourne sur son bateau.

 

ce bon vieux buck danny

 

Bien joué Buck Danny!

Par Kolia - Publié dans : les selections bd de The Great Mustache
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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 18:18

Lundi soir j'étais invité par les éditions Folio à assister à une soirée dans un bar parisien, à partir de 18h00, afin de discuter de leur catalogue pour l'année à venir. Je ne savais pas trop ce que j'allais leur dire, "ah, ouais, vous sortez en poche ce qui est paru chez Série Noire, c'est cool les gars."

 

Comme je finissais le boulot à 18h00, je suis arrivé là-bas à 19h00. C'était au premier étage du bar, plutôt classe, et une nana lisait un texte. Je trouve que la lecture de texte est un exercice délicat et franchement pas facile : on a toujours l'air d'un con. Il suffit de regarder Direct 8 à partir de 4h00 du matin (une femme en robe de soirée lit du Maupassant) ou le slog de Marc Levy pour s'en convaincre (il lit avec émotion des passages de ses propres livres, émotion due à la découverte du texte je crois).

 

Je me suis installé discrétement au fond, à une table vide de persone mais déjà servie : trois assiettes pleine de saumon fumée, de pommes de terre, de jambon de pays et de beignets de calamar, accompagnées par trois kirs.

 

J'ai entamé mon kir quand la nana finissait son texte et que tout le monde applaudissait poliment, les directeurs de publication nous enjoignant à commencer la collation et à ne pas hésiter à les solliciter.

 

Alors j'ai fini l'assiette devant moi.

 

Et puis une serveuse est arrivée et m'a donné une autre assiette pleine.

 

"Y en a plein, faut tout finir monsieur."

 

Alors j'ai fini cettte seconde assiette, et comme j'étais lancé, j'ai mangé toutes celles qu'il y avait à ma table (je n'ai laissé que les beignets de calamar, c'est vite écoeurant, et froid c'est moins bon) et je me suis rincé avec tous les kirs.

 

Comme la serveuse ne revenait pas, j'ai demandé à un mec de la table voisine si je pouvais me joindre à eux car je me sentais con à boire tout seul à ma table.

 

"Mais pas de problême!"

 

Son enthousiasme m'a surpris au début, mais j'ai vite compris pourquoi : un des gars de la table monopolisait la conversation en racontant comment c'était un winner qui allait faire venir plein d'auteur dédicacer dans son Virgin.

 

"Le Directeur est venu me voir et m'a dit : Mec, ce magasin, il faut le faire vivre. Le faire vivre. T'as carte blanche."

 

Comme si un directeur de magasin sollicitait les vendeurs. Comme si le Virgin des Champs Elysées avait besoin qu'on le fasse vivre. N'importe quoi.

 

Alors j'ai mangé le contenu d'une assiette, toujours en laissant les calamars de côté, et je me suis mis au rouge, pour changer. C'était Pascal, le directeur de la collection Folio SF, qui m'avait servi. Comme je suis poli, je n'ai pas décliné l'offre. Quel mec sympa!Il se rappelait de moi, on s'était vu en début d'année dans les locaux bien classe de Gallimard. Il m'a demandé si j'avais mon sac et mon programme, ce qui n'était pas le cas, alors il a appelé la chargé de communication qui m'a filé deux bouquins et du faux scotch de scène de crime, pour décorer mon appartement avec classe.

 

Dès qu'il a eu le dos tourné, j'ai englouti mon verre et je suis parti, de la démarche rapide et légèrement bancale de l'homme qui a trop bu mais veut prouver au monde que non, tout va bien, il assure.

Par Kolia - Publié dans : le quotidien tumultueux de The Great Mustache
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 21:04

Alors je suis au boulot, en train de ranger des livres de mon rayon (j'ai le rayon policier/SF, la grosse classe), avec mon gilet aux marques de la boite et tout, quand cette meuf vient me voir pour me demander un truc en parascolaire, alors que mon collègue qui s'occupe de ce rayon est juste à côté en train de ne rien faire. C'est une règle dans le commerce : le client va toujours s'adresser au vendeur qui est occupé.

 

"Je voudrais un livre pour BTS.

 

Elle me regarde en penchant la tête sur le côté, et ses pupilles sont dilatées à fond. Il y a des signes qui ne trompent pas : encore une femme qui me désire physiquement. Comment lui en vouloir? Je suis carrément désirable, surtout que j'ai mis un t-shirt bine moulant qui ne laisse rien à l'imagination. Hélas pour elle - la pauvre enfant! - mon coeur est pris.

 

-Ok.

 

-Nicolas?

 

-Oui, c'est mon prénom. Je pointe mon badge avantageusement épinglé sur mon pectoral gauche (le plus développé des deux).

 

-Nicolas Beaugosse? (Afin de respecter ma vie privée, pour les besoins de cette anecdote édifiante, mon nom de famille sera Beaugosse.)

 

-Heu, ouais.

 

Là je ne le montre pas, mais je flippe un peu. Serais-je victime d'une stalker? Stalkeuse? Y a-t'il un féminin à un mot anglais?

 

-On était dans la même classe en 6ème!

 

Je plisse les yeux :

 

-Mais ouais! Carrément! Je te reconnais complètement! Par contre je ne me rappelle pas du tout de ton prénom.

 

-Elsa.

 

-Elsa! Mais ouais! Tu m'as foutu un rateau! Ah ah!

 

-Heu, non, je ne crois pas.

 

-Si si."

 

Finalement on ne vendait pas ses livres et ça prenait trop de temps de les commander. Donc elle est partie et on s'est dit au revoir et à bientôt et tout, mais comme au lieu de la féliciter sur le fait de reprendre des études à 29 ans je lui ai balancé un vieux souvenir embarrassant qui me fait passer pour un tordu qui reste bloqué sur une déconvenue amoureuse vieille de 17 ans, je ne pense pas qu'elle repassera au magasin.

 

Encore une cliente de perdue.

Par Kolia - Publié dans : le quotidien tumultueux de The Great Mustache
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