Cannes s'achève en récompensant le film qui avait l'air le plus chiant (je me suis endormi pendant la diffusion d'un
extrait quand même), la faute à une selection un peu fade (trois films français? Un film américain, et de cet imbécile de Tarantino? Merde alors).
Pedro Almodovar était invité au Grand Journal sur Canal +, la semaine dernière, et c'est lui qui m'a le plus fait de peine.
Alors qu'il répondait à la question bateau "d'où vous vient l'inspiration?", il s'est lancé dans une explication sans fin où il ressortait que son cinéma s'inspirait de la vie, mais aussi du
cinéma, ce qui est une façon assez classe de dire qu'il pioche ses bonnes idées chez les autres (ça m'a fait pensé à Anything Else, de Woody Allen, où son personnage explique à Jason Biggs : "si
tu dois copier quelqu'un, copie les meilleurs". J'avais beaucoup aimé ce film à l'époque, je m'étais très identifié à Jason Biggs, mais je ne l'ai pas revu depuis. Je me demande si je le
trouverais toujours aussi bien).
La traductrice reprenait en substance ce que venait de dire le réalisateur, et il l'a interrompue pour ajouter que son cinéma ne s'inspirait pas du jeu vidéo.
Applaudissements du public.
Je ne suis pas vraiment sûr d'avoir compris ce qu'il voulait dire. Critique-t'il les adaptations foireuses de jeux videos en films, ou alors les films à grand spectacle bourrés d'effets
spéciaux?
Non parce que j'ai un peu de mal avec ce genre de propos pédants tenus par des mecs qui oublient qu'avant de faire des films à succès (critique, essentiellement, ne nous voilons pas la face), ils
faisaient des comédies pouët pouët.
Bon, je ne suis pas vraiment sûr que les premiers films de Pedro Almodovar soient des comédies pouët pouët, car je ne les ai pas vus.
Mais ça m'ennuie qu'un réalisateur crache sur un genre cinématographique, pretextant que son cinéma soit meilleur qu'un autre. L'autre étant, dans ce cas précis, j'imagine, la série B ou les
blockbusters de l'été.
Soit, de façon plus schématique, et grandement répandue dans le cinéma français, préférer les frères Lumières à Meliès.
C'est moche.
ils l'ont dit