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la bague

Publié le par Kolia

Jeudi, avec ma copine, on a accompagné Kamel à Paris. Il voulait acheter une bague de fiançailles, et sa copine étant la meilleure amie de la mienne, il avait besoin de ses conseils. Moi, j'étais là pour qu'il dépense moins que son budget de base pour qu'avec l'argent restant il me paie une nouvelle télé, un pc ou une console de jeu que je n'ai pas. Je ne me faisais pas trop d'illusions sur le résultat d'une telle requête, mais bon, sur un malentendu...

 

Julie connaissait un antiquaire qui faisait des trucs super jolis, pas loin de là où habitait Gérard Depardieu. Elle ne savait plus trop où c'était, mais on a retrouvé assez facilement. Pour entrer, il fallait sonner, pénétrer dans un petit vestibule, et attendre que la première porte se ferme pour ouvrir la seconde, comme dans une banque de parano. Je n'ai jamais compris pourquoi certaines banques font ça, alors qu'on sait qu'elles n'ont pas d'argent liquide. A moins qu'elles en aient, et que les écriteaux qui précisent que ça ne sert à rien de menacer les employés parce qu'il n'y a pas un rond sont un leurre, pour faire croire qu'il n'y a pas le cash dans cette banque alors qu'en fait il y en a à foison, et que c'est pour ça qu'il y a ce système de vestibule pour avoir le droit d'entrer.

 

Bref. La boutique d'antiquités était tenue par une quinquagénaire au physique aussi désagréable que son accueil, bien que celui-ci s'améliora grandement quand Kamel lui a dit qu'il voulait une bague de fiançailles et qu'il n'était pas là pour rigoler, ça non madame.

 

Elle lui a sorti tout un tas de monstruosités avec des perles grosses comme un oeil, ou des diamants ultra brillants qui hurlaient "VOLE-MOI!".

 

"J'aimerais quelque chose d'un peu plus discret. Ma copine travaille avec des enfants toute la journée, je ne voudrais pas qu'elle en blesse un accidentellement quand même.

 

-Oh, bah quand même, faut y aller pour blesser quelqu'un avec une bague! dit-elle en rangeant un truc avec tellement de pierres et d'or et d'argent qu'un rappeur qui se la joue gangsta west coast aurait pu la porter dans un clip, façon poing américain.

 

Kamel a fini par en trouver une super belle (même moi à ce moment-là, j'ai donné mon avis : "oui, elle est super belle" affirmai-je avec une certitude qui médusa l'antiquaire devant tant d'applomb et de bon goût. Il faut dire que peu de temps avant, on s'était un peu moqué d'une bague qu'elle avait présenté : "on dirait un truc des années 60, lol!", et elle l'avait plutôt mal pris : "ça date du XIXème siècle quand même. -Ouais, de 1860." Ai-je répondu. Ca ne l'a fait rire que quand ellle l'a répété tant de fois qu'elle a cru que ça venait d'elle.)

 

On lui dit de mettre la bague de côté, car on allait faire un tour, voir ce que proposait la concurrence, et qu'on repasserait dans l'après-midi. Perso, pour moi à ce moment, l'affaire était bouclée : j'avais du mal à imaginer qu'on puisse trouver plus jolie bague, et j'ai tenté de convaincre Kamel qu'on devrait plutôt aller mater les magasins de télé, tout ça.

 

***

 

Bien évidemment, nous sommes retournés voir l'antiquaire. Quand on a sonné, elle nous a fait poireauté un peu dehors. Alors on a sonné une seconde fois, et là ça a marché.

 

"Excusez-nous, on a pas du appuyer assez fort la première fois...

 

-Nan, je mets plus ou moins de temps à ouvrir la porte en fonction de ce que je suis en train de faire."

 

MAIS QU'EST CE QUE T'AS A FAIRE, MORUE, DE TOUTE TA JOURNEE, A PART TE ROULER LA BILLE? est la phrase que j'ai lue dans le regard de Kamel.

 

Alors qu'elle ressortait la bague pour nous la montrer à nouveau, ça a sonné. L'antiquaire a bien pris son temps pour appuyer sur le bouton qui ouvrait la porte, et une femme avec une poussette et deux gosses est entrée. Il faut savoir qu'avant même l'arrivée de cette femme, au niveau de la place, c'était limite. J'étais debout, par exemple, et je n'osais pas bouger de peur de renverser une vieille croute à 6 000 avec un vieux Jésus tout moisi dessus.

 

"Oui c'est pour quoi?

 

La femme à la poussette ne se formalisa pas de cet accueil glacial.

 

-Je cherche une chaine pour mon mari et

 

-AH CA ON FAIT PAS.

 

-Ah? Pas de chaine pour homme?

 

-Nan.

 

-Ah bah tant..."

 

C'est à ce moment là qu'a choisi un chien sorti de nulle par pour aboyer sur la femme. Complètement paniquée par l'animal, elle ma chopé par le bras pour me caler entre elle et le clébard, qu'on n'arrêtait plus. Elle aurait pu mettre un des mômes entre elle et le chien, quand même. On ne se connaissait pas, bordel.

 

"COTON! Tais-toi Coton! Coton!"

 

Je pense que petit, ça devait être un chiot tout blanc et doux et frisé, mais maintenant il était tout vieux et plein de dread, avec de la merde au cul.

 

"Bon madame...

 

-Oui, je vais y aller, encore merci hein!"

 

Elle roula sur le pied de Julie avec sa poussette en partant, et Coton retourna sous la chaise de sa maitresse.

 

"C'est quoi l'histoire de cette bague?

 

-L'histoire de cette bague? Heu... Ben... Elle date du début du XXème siècle déjà, et, heu... Après, vous savez, on invente l'histoire qu'on veut hein. Avant, quand je travaillais aux antiquaires du Bon Marché, qui n'existent plus maintenant, mais quand je travaillais là-bas, j'avais un collègue qui ne vendait que des bijoux qui avaient appartenu à Jean Marais, ah ah!

 

-Ah ah...

 

-Donc bon, tout ça pour dire que je ne demande pas l'histoire de tous les bijoux que j'achète, voilà."

 

Ca sonna encore. J'étais surpris, je ne pensais pas que tant de gens visitaient ce genre de boutiques en fait. Une vieille toute vieille entra.

 

"Oui c'est pour quoi?

 

-Bonjour madame. Je voulais connaitre le prix de la gourmette qui est dans la vitrine.

 

-Attendez un instant madame, je...

 

-La grosse en or là.

 

-Celle-là?

 

Elle sortit un bracelet énorme et immonde en or terni.

 

-Oui, celle-là.

 

-C'est 2600 euros.

 

Aucune idée de ce qui justifiait un prix pareil.

 

-Ah, très bien, c'est parfait, c'est exactement ce que je recherche pour mon mari.

 

-Bon, écoutez madame, là je m'occupe de ce jeune homme, donc bon, moi, hein, je veux bien rendre service, mais voilà, hein.

 

-Oh, excusez-moi madame, oui, pardon! Je reviendrai alors.

 

-Oui, voilà, faîtes ça."

 

Et la vieille quitta la boutique. Jétais super choqué : la meuf, elle rembarre une cliente qui est prête à mettre 2600 euros dans une merde moulée dans de l'or massif. Son mari ne pourrait jamais porter une gourmette pareille, ça pèse trop lourd un truc comme ça. C'est un coup à lui briser le poignet ça.

 

Pendant que l'antiquaire prenait des photos de la bague (pour l'assurance) et remplissait des papiers, Kamel lui fit la discussion et lui raconta nos vies, à Julie et à moi : 

 

"Eh ben ils se marient bientôt.

 

-Ah bon? Vous deux?

 

-Heu, ben oui.

 

-Vous avez consommé avant j'imagine. Bah oui, les jeunes font ça maintenant. En même temps, je les comprends hein.

 

Je jetai des regards furtifs aux photos du pape au-dessus de sa tête. Elle n'avait pas perdu de temps, car il y en avait déjà de François.

 

-Mais vous avez quel âge quand même? Vous n'êtes pas un peu jeune pour vous marier? me demanda-t'elle

 

-Oh, je fais plus jeune que mon âge.

 

-Oh ouais, parce que là on dirait un gros bébé."

 

CONNASSE purent lire Kamel et Julie dans mon regard.

Commenter cet article

Rencontre cougar 25/03/2017 22:39

drôle

voyance gratuite 14/02/2017 18:13

Bravo ! Votre blog est l'un des meilleurs que j'ai vu !

voyance gratuite par téléphone 09/01/2017 14:32

C'est interessant de trouver comme ce genre de postes.

voyance par mail gratuite 21/12/2016 15:29

Je te félicite c’est bien d’avoir fait ce blog
merci beaucoup

voyance gratuite par mail 21/09/2016 13:44

Bravo pour le blog et vos articles.